mardi 7 septembre 2010

La PNL (Programmation Neuro Linguistique) - origines et influences


La PNL est un ensemble "d'outils psychologiques" qui permettent à tout un chacun pour peu qu'on y passe un petit peu de temps, qu'on y consacre un petit peu d'énergie, de travailler sur soi pour être plus efficace, plus vrai, corriger ses petits défauts récurrents. Principalement dans le domaine de la communication avec les autres, car la PNL s'appuie sur les travaux des psychologues comportementalistes.

Il ne faut pas se méprendre avec la PNL. Elle permet de corriger des petits défauts mais ne remplace pas un psychothérapeute pour quelqu'un qui ne va pas vraiment pas bien. Elle va plutôt permettre à tout un chacun d'être son propre coach pour s'améliorer, pour être plus à l'aise en société, plus efficace par rapport à des objectifs identifiés.

Ce bref exposé ne prétend  pas vous expliquer ce qu'est la PNL et comment l'utiliser ; vous trouverez toutes les ressources possibles et imaginables sur le Web en cherchant un peu. Je dis en cherchant un peu car la plupart des sites vont vouloir vous allécher sur les grands principes et ensuite vous vendre une formation en "développement personnel"... Il faut donc fouiner quand-même.

Mais en guise de préambule je me propose de rappeler tout de même quelques principes fondateurs, quelques axiomes de la PNL :

Nous appréhendons tous la réalité de façon différente. Il y a la réalité et notre représentation de la réalité. C ’est la notion de carte. Les différences de représentation expliquent les difficultés de communication.

Bien communiquer suppose de comprendre les modes de représentation pour mieux connaître sa carte et celle des autres. Notre histoire personnelle, notre environnement socioculturel et nos possibilités de perception construisent notre carte, notre système de lecture et de compréhension du monde. Cette carte est observable et utilisable par : notre système de perception sensorielle, nos critères, nos valeurs et nos croyances. Tout ceci constitue note "grille de lecture" du monde.

La PNL définit 3 principaux systèmes de représentation sensorielle: Visuel, auditif, Kinesthésique (la gestuelle). Chacun de nous a un système dominant, qui se dévoile dans le comportement.

Des constantes ont pu être observées concernant: la posture, la gestuelle, l ’expression du visage, les clefs d ’accès visuelles, la qualité de la voix, le choix des mots. Chacun est plus dans un système d'expression ou un autre :

expression à dominante visuelle :
-posture un peu raide
-gestes dirigés vers le haut
-respiration superficielle et rapide,
-voix aigue, rythme rapide et saccadé
-mots visuels

caractère à dominante auditive :
-posture décontractée,
-position d ’écoute téléphone,
-respiration assez ample,
-voix bien timbrée, rythme moyen
-mots clairs et détachés

Dominante kinesthésique :
-posture très décontractée,
-gestes qui miment les mots,
-respiration profonde et ample,
-voix grave, rythme lent avec de nombreuses pauses,
-références aux sensations dans le choix des mots.


Considérer le système sensoriel permet de mieux communiquer :
- S’adapter à celui de son interlocuteur permet d ’établir le rapport. D'où certains phénomènes de mimétisme plus ou moins conscients qui permettent de se "synchroniser" avec l'autre et de le mettre à l'aise
- L ’observer (calibrer) donne accès aux stratégies de la personne (manière d’appréhender et de traiter une situation).

Nous pratiquons un modelage de nos expériences à travers de "filtres universels" : pour établir des modèles, notre esprit procède à :

-des généralisations,
-des omissions,
-des distorsions
,
que nous appliquons à la réalité pour qu'elle s'insère dans notre  méta-modèle... Il faut en être conscient. Nous pratiquons en permanence ce genre de "dérive" par le truchement du langage :

quelques exemples de filtres induits par le langage :
Les généralisations:
- "l’hiver, on a besoin de vacances" (mots sans index référentiel),
- "Personne ne me comprend" (quantifieurs universels),
Les omissions :
- "c’est mieux pour vous de travailler à mi-temps" (omission par comparaison)
- "Il ne faut pas prendre d’auto-stoppeurs" (opérateurs modaux de nécessité et
possibilité)
Les distortions :
-"Il souhaite plus de liberté" (nominalisation dans le vague),
-"Cela lui fera forcément plaisir" (divination),
-"Je partirais bien en vacances mais je n’ai pas de voiture" (relations de cause à effet, raccourcis).



En PNL on distingue trois niveaux de comportement et de système action - réaction :
-Le premier niveau est celui des critères ou des préférences : c'est le niveau basique (ex: je préfère passer une soirée avec des amis plutôt que de lire seul chez moi)
-Le second niveau est celui des valeurs : l’altruisme, l'amitié, la vie de famille, la fidélité sont mes valeurs repères; Elles sont déterminantes pour le niveau du dessous, celui des préférences.
-Le troisième niveau est celui des croyances : par exemple croire en la bonté et au potentiel de l'homme si on est humaniste, croire en l'existence d'un architecte de l'univers si l'on croit en Dieu. Ce niveau a également en théorie, de l'influence sur le niveau d'en dessous bien sûr.


De ceci il est important de retenir que : 
-Une des propriétés les plus remarquables des croyances, c’est qu’elles génèrent les filtres nécessaires à leur entretien et à leur propre pérennité.
-Lorsque nous parvenons à connaître nos propres croyances, nous sommes conscients de ce qui pourra nous influencer.


La PNL accorde une place importante à la visualisation. Les personnes qui réussissent ce qu’elles entreprennent construisent une image claire, concrète et positive de leurs objectifs.

La visualisation permet de travailler les modalités sensorielles d’une image interne et d’accéder à d’autre expériences : modifier la carte ne changera pas le territoire, mais permettra d'y accéder différemment. Il faut en permanence adapter nos cartes mentales, utiliser de nouvelles représentations, et adapter la carte à l'usage (une carte des fleuves d'un pays n'a pas le même usage qu'une carte d'état major par exemple).

Voici donc le coeur du sujet, c'est à dire les principaux acteurs et les principales influences de la psychologie et de la systémique dans la PNL :



le postulat majeur : la carte n'est pas le territoire

mercredi 18 août 2010

Rétro-gaming : la belle histoire des émulateurs de consoles

Bon alors le seul remède pour un blog qui se dessèche, c'est de l'arroser avec un billet hein ? Puisque c'est comme ça, pour la peine j'va  vous causer des émulateurs maintenant. J'vous ai bien raconté ma vie de gamer à la retraite (pas tout à fait) avec mes vieux coucous, j'vais maintenant vous raconter comment cette merveilleuse invention qu'on appelle les émulateurs m'a permis d'une part de retrouver tous mes vieux jeux sur mon cromi, et d'autre part de découvrir tous ceux qui m'avaient échapé jusque là. L'histoire commence à peu près là ou s'arrête la fin du dernier billet. Nan, un peu après, bref on s'en fout t'manières.


Pour faire rapide, pour ceux qui savent pas ce que c'est, un émulateur c'est un programme qui est une machine virtuelle d'un autre ordinateur, et qui permet par exemple au PC de se comporter comme une SegaMegadrive ou une playstation. Pour les geeks, c'est une VM pour les jeux :)

Mais revenons au pourquoi du comment du parceque : quand j'ai découvert FinalFantasy VII (l'inégalé, l'inégalable), j'ai eu envie découvrir ceusses d'avant, qui étaient sortis sur la Super Nintendo. En cherchant sur AltaVista (qui était bien, avant d'être tué par Gou-gueule), j'ai trouvé non seulement des descriptifs des prédécesseurs, mais aussi des versions converties en fichiers binaires de toutes les cartouches, mais aussi des émulateurs capables de les exécuter sur un bête PC. Oulalalala. Mauvais pour ma productivité au travail ça ! J'ai donc commencé à collectionner les ROMs (non n'appelez par Hortefeux c'est pas les mêmes) de toutes consoles, et les émulateurs ad-hoc. C'était le début d'une quête sans fin qui allait m'occuper méchamment pendant... Allez quatre ou cinq ans ? Pas mal quoi... Tous les quinze jours, je faisais un CéDéRom (non plus #Hortefeux)  avec des menus en mode DOS qui permettaient de lancer tous les jeux avec tous les émulateurs, de l'arcade à la SNES, de la GameBoy à la NeoGeo (I talk SNKglish)... Des centaines d'heures à télécharger tout ça, tester, ranger, graver... De la pure folie :) Un full time job. Un peu comme twitter aujourd'hui (ah ouais, grillé là un peu).

Alors comme ça je vais vous parler un peu de ceux que j'ai kiffé le plus, qui m'ont apporté de la Joie :)

En vrac, comme ça, je pense à Snes9X, ZSNES, Raine, MAME, Retrocade, UltraHLE, Epsxe, Stella, NeoRage, Kgen98, Genecyst...

Le tout premier que j'ai découvert et qui m'a tout de suite envoûté fut donc Snes9X. Une belle interface graphique en mode X (320x240) sous DOS, une compatibilité bluffante avec presque tous les jeux, terrible ! J'ai ainsi pu assouvir ma soif de FinalFantasy avec FFIV, FFV et FFVI. Quel grand kif mes aïeux ! Tout ça tournait très correctement sur un Pentium 133, le standard moyen de l'époque, c'était bien cool. Quand j'ai essayé de faire tourner Snes9X sur un 486DX2-66, ça s'est mis à ramer, alors j'ai cherché un émulateur plus optimisé... Et j'ai découvert une véritable perle : Zsnes. Tout bien codé en assembleur, fait avec amour, la grande classe !



Tous les jours je consultais les news de l'émulation et les "Rom sites" pour me tenir au jus et télécharger de nouvelles copies de cartouches (édioukésheune peurpoze one lit off Corse). Le meilleur site de news était sans conteste JoseQ's EmuViews, qui 1/ recensait toute l'actualité 2/ permettait de télécharger les ROMs de MAME et 3/ être même au courant des nouvelles officieuses en direct des développeurs et des dumpers de ROMs (Le Rumor Mill). Il y avait aussi un site super avec une BD faite en 3D studio sur l'émulation et ses fans, qui était super drôle, c'était le site "Overclocked.org". ça LOLait excellement sur ce site. Il y avait bien sûr le site RomNation, pour les nouveaux dumps, et "The Dump" le site du célébrissime Harry Tuttle (http://www.kinox.org/interviews/int_019.html)... Toute une époque j'vous dis !


 Après l'émulation Snes (Super Nintendo) je me suis intéressé à MAME, parce que quand-même c'est bien joli tout ça mais faut pas perdre de vue les choses importantes : retrouver les jeux qu'il y avait à la cafét' de Montalivet quand j'étais gosse, à savoir Galaga, puis Track and Field (les jeux olympiques), dans lesquels j'ai englouti tout plein des pièces de 1 franc :)). Pour ça il y avait un excellent émulateur qui en était à ces débuts, j'ai nommé MAME. Ouaaaah, trop génial !!! Jouer à GALAGA comme en vrai, à PacMan, MoonPatrol, toussatoussa là encore énormissime kif de gamer ! MAME a connu un développement exceptionnel en termes de jeux couverts, plus de 5000 jeux et variantes à ce jour je crois.
Au début de MAME, il n’y avait pas d’interface, il fallait lancer le jeu en ligne de commande, avec le nom du jeu en paramètres, en ayant préalablement mis les Rom dump du jeu au bon endroit. Pas forcément très convivial, mais ça s’adressait avant tout à des geeks. Le créateur de MAME, Nicola Salmoria, a initié un travail fabuleux avec ce projet. Il a aussi travaillé au décryptage des ROM de la génération CapCom System II (CPS2). Ces roms étaient chiffrées et il fallait d’abord les déchiffrer avant qu’un émulateur puisse les exploiter. En 98 il y avait des release de MAME avec des nouveaux jeux émulés quasiment toutes les semaines. Assez vite c’est devenu un très gros projet SoftWare et Salmoria était l’architecte global et le coordinateur de toute une cohorte de développeurs bénévoles. Tous les jours j’allais voir sur les forums s’il y avait des nouveautés côté MAME.


Dans la lignée de MAME, il y a eu un émulateur fabuleux, qui tournait aussi bien sous DOS que sous Windows, qui s’appelait Retrocade. Il y avait une interface fabuleuse, des animations de type écran à LED de flipper pour présenter chaque jeux, une pure merveille


 Et ça tournait sur un 486, c’était ultra-optimisé, du travail d’orfèvre. Je l’ai encore installé sur un Toshiba Libretto sous W95 (pentium 75, 16Megs de RAM…).








Lire une interview d’un des principaux développeurs de Retrocade ici :


Ce que j’ai pu graver comme cédéroms ces années là… des compils de ROMS, classées par machines, les N64, les SNES, les MAME… C’était dantesque !


Peu après MAME, est né NéoRage… C’était le tout premier émulateur de console NeoGeo. NeoGeo, c’était avant tout des bornes d’arcade, mais aussi une console de salon pour les super-bourges (à 2000 francs le jeu minimum, fallait avoir de la thune quand même !). 

Pendant longtemps il n’y avait pas le son car les roms son étaient visiblement hardos à dumper et à déchiffrer. Mais ils ont fini par émuler tous les jeux NeoGeo, notamment ses mythique jeux de baston (série King of the Fighters et consors), et à la fin ils ont fait un truc magnifique avec une interface graphique aux petits oignons. Qu’est-ce que je me suis éclaté sur la série Metal Slug grâce à cet émulateur, nom de Zeus !





On a aussi eu l’excellent Raine, dédié aux jeux de machine d’arcade. Basé sur les machines d’arcade Taito et Jaleco, il a commencé autour du jeu Rainbow Island (Raine = Rainbow Island Emulator), pour finir avec quelques 160 jeux, parmi les meilleurs de l’histoire du jeu d’arcade. Beaucoup d’options de paramétrage et des performances hallucinantes… J’ai aussi beaucoup testé ses releases successives.


Un peu plus tard sont arrivés les émulateurs Playstation (PSX). Là aussi ça a été intéressant car la PSX n’était pas si facile à émuler et plusieurs projets se tiraient la bourre… Il y a eu PSEmuPro, EPSXE, Bleem (qui voulait devenir un produit commercial mais s’est planté car Sony n’était pas vraiment d’accord…), YAPE (Yet Another Playstation Emulator)… Là aussi on suivait les releases et les listes de compatibilité des uns et des autres au fur et à mesure de leur développement. Je me souviens du tout début, la première fois que j’ai lancé GTA version démo pour playstation sur mon PC, (un pentium 133 à l’époque), c’était vraiment trippant. Le pionnier était donc PSEmu, devenu après PSEmuPro.

Enfin, il y a eu l’émulateur de Nintendo64, le tout premier, baptisé UltraHLE. Là encore ce fut le choc : voir tourner Zelda Ocarina of Time sur un PC, alors que la N64 était le top des consoles, c’était un grand kif quand-même. En fait ce putain d’émulateur faisait non pas une émulation bas niveau, mais une décompilation et une reconstitution dans le mode du langage de développement de la console, avec les DisplayLists et tout, ce qui permettait des bonnes performances en mode interprété, même sur nos petites machines. D’où son nom, HLE pour High Level Emulator. Depuis il y en a eu de plus complets et de plus ouverts (Ultra HLE utilisait Glide, les librairies mini-GL des cartes Voodoo 3DFX) come Nemu, mais c’est Ultra HLE qui est resté dans l’histoire, celui qui a fait le méga buzz !

Depuis quelques années mon engouement a un peu baissé, même si je peux jouer à la SuperNES sur mon Palm et aux jeux PSX sur mon SmartPhone HTC Tytn (toujours FFVII sous la main, rester sérieux !), et même si j’ai plein de programmes peu homologués sur ma PSP crackée à mort... Et puis ces dernières années il y a eu un peu moins de nouveautés dans le monde merveilleux de l’émulation, il faut bien le reconnaître, le move s’est un peu essoufflé. 


Mais récemment, je me suis renseigné par curiosité sur l’émulation PSX 2, et figurez vous qu’il y a truc qui tient vachement le pavé, dispo sur le net : il s'agit de PCSX2. Je l'ai testé avec FFX, sur mon bi-pro Xeon, et franchement, redécouvrir FFX en 1600 par 1200 de définition, oulala Mamamia, comment ça déchire sa race ! Allez, quelques petits screenshots pour vous donner envie :



















Bon, je me rend compte que j'ai oublié Stella, l'émulateur de console ATARI 2600, des émulateurs ColecoVision, Intellivision, TurboGraphixPCEngine, Amiga, Comodore64, ZX Spectrum... Je crains que ce post n'en appelle un autre. Mais là si je continue je vais vous saoûler alors on va s'en tenir là hein ? Allez, jouez bien, et si vous avez des questions n'hésitez pas à me contacter parce que je connais un petit peu ce rayon là  :-)

dimanche 1 août 2010

Mes fabuleuses consoles, mes bioutifoules ordis !

Les débuts


Comme nombre de mecs de ma génération, je suis tombé tout petit dans les jeux vidéo. Quand j'étais vraiment chtiot, c'était le tout début. Mes parents avaient acheté un pong de salon  qui se branchait sur la téloche. C'était très basique, évidemment, un trait figurant la raquette et un point qui rebondissait d'un bout à l'autre de l'écran. Les deux manettes étaient constituées d'un cylindre avec un bouton à tourner pour faire aller la raquette vers le haut ou le bas. C'était déjà super fun car nouveau ! Je devais avoir 7 ou 8 ans à cette époque là.

Vint ensuite La console à cartouches : l'Atari 2600. Révolution ! On pouvait acheter des jeux (hors de prix, entre 150 et 250 francs !) qui se branchaient sur la machine. Les molettes étaient remplacées par deux vrais joysticks, avec un bâton orientable et un bouton de tir. Les jeux d'arcades des cafés étaient plus élaborés, mais on retrouvait un ersatz sympathique chez soi à partager en famille ou avec les amis. Chez moi on était tous bien branché... Je me rappelle que mon oncle avait étudié à fond dans TILT les parcours à suivre au PacMan pour semer les fantômes à tous les coups et franchir les niveaux successifs.






 Je me rappelle aussi que comme c'était la seule console, nombre de mes potes en avaient une aussi et qu'on s'échangeait les jeux... J'étais en classe de cinquième je crois à l'époque de l'âge d'or de l'Atari 2600. Ma spécialité, c'était Astéroids, celui ou vous avez un petit vaisseau au milieu de l'écran, qui doit dézinguer des astéroïdes qui arrivent de tous côtés. Quand vous en touchez un, il se sépare en deux plus petits. Au bout d'un moment le rythme devient effréné, ça va évidemment de plus en plus vite. J'ai passé aussi pas mal d'heures sur River Raid, SpaceInvaders, BurgerTime, Q*Bert...





L'Atari 2600 a dominé le marché pas mal d'années, jusqu'à l'arrivée de consoles plus élaborées : il y a eu l'intellivision de Mattel, puis la ColecoVision de CBS. Je ne les ai pas eu celles-ci, mais j'ai beaucoup joué sur celles des copains. La ColecoVision représentait vraiment une avancée graphique sur l'Atari, c'était un sacré kif !


Puis il y a eu la Sega Master System... Je devais être en 3eme ou seconde. On était toujours en huit bits, mais avec beaucoup de hits de l'arcade plus proche des originaux (Shinobi, un must, hang-on) , et avec des purs hit originaux (Kenseïden, Alex Kidd, Sonic...) qui m'ont scotché grave.

Premiers contacts avec un ordinateur familial (parenthèse cromi)

C'est aussi à ce moment là que sont sortis les premiers ordinateurs familiaux qui se branchaient sur la TV. Pendant des mois j'ai acheté toutes les revues sur le sujet, étudié et comparé patiemment les prix, en attendant Noël et peut-être la possibilité d'en obtenir un. Le mec plus ultra qui nous faisait tous rêver mais était clairement au dessus de mes moyens était bien sûr l'Apple II. C'était LA Rolls, le graal du geek. Je regardais comme ça pour baver mais il était nettement hors de portée. Moi je lorgnais plutôt du côté du TI994A, du commodore 64, de l'oric et consorts. Il y avait aussi le To6, le Mo5, l'Alice... Et bien sur monsieur Sinclair avec son ZX 81 et son successeur le ZX Spectrum.

Mon budget me permit pour Noël, de faire l'acquisition d'un fabuleux Spectrum 48k : magnifique clavier minuscule en gomme pourrite "made in Sinclair", 16k de ROM et 48k de RAM. Fournit avec une magnifique interface série nommée à l'époque RS232, ce qui faisait beaucoup plus Geek. J'ai donc commencé à écumer les revues spécialisées et à recopier des listings de jeux afin de comprendre et apprendre les arcanes du basic résident. L'idéal pour apprendre à programmer sans procédures, en mode spaghettis dégueulasse. On sauvegardait le programme tapé pendant des heures (gare aux fautes de frappe, et pire, au coup de pompe dans la prise qui anéantissait en une seconde des heures et des heures de frappe laborieuse #kill-la-petite-sœur-forcément-coupable)




J'achetais quand ma bourse me le permettait, le magazine "hebdogiciel" qui avait plein de beaux listings en basic spécialisé de chaque machine (car le basic se voulant universel chacun avec sa version propriétaire hein, faut pas déconner non plus)

Il fallait quand-même avoir la foi ou un moral en acier trempé pour coder là dessus : pas de gestion de sprite. Tu pouvais juste redéfinir les matrices de pixel de l'alphabet et les assembler artificiellement pour faire des pseudo sprites. Pas d'accès simple à l'assembleur, tu pouvais juste aller lire ou écrire à une adresse mémoire avec les instructions peek et poke. Je me suis donc fadé le manuel et des tonnes de listing pour digérer ce  p... de basic et acquérir de mauvaises habitudes de programmation. Pour sauvegarder il fallait brancher un magnétophone à cassettes, lancer l'instruction kabbalistique adéquate, faire 'record' au bon moment, et attendre que le magnéto enregistre pendant quinze minutes le bruit de porteuse qui sortait du cromi tout en priant Dieu (ou plutôt Belzebuth ou Niarlatotep) pour que ça marche... Et parfois si on avait été un bon pratiquant, la magie opérait. Mais c'était le niveau de fiabilité de la danse de pluie quand même à peu près.

Quelques années après a commencé l'ère de l'IBM Pc. Cela a été une étape importante dans la standardisation et le pourrissement de l'informatique personnelle. IBM avait sous-traité la préparation de l'OS a une startup nommée Microsoft, une chtite startup. Le mec qui s'en occupait, un ptit djeuns, avait racheté le code à d'autres types... Bref je vais pas trop faire du sous-wikipedia de strapontin hein. Vous connaissez aussi bien que moi l'histoire de bill Barrière et de ses fenêtres (TM).

Tout ça pour dire que mon daron qui était un monsieur qui ne plaisantait pas avec l'informatique, après avoir acheté des PC pour sa boite, décida d'en acheter un pour la maison... Il opta pour un magnifique XT doté de 256k de RAM, d'un disque dur de 20 megas (la classe), et d'un écran EGA 16 couleurs, imprimante matricielle haute des finitions (pardon)... Une vraie Rolls. Beaucoup moins puissante qu'un Amiga mais une Rolls. J'ai du negocier et donner des gages de sérieux pour y avoir accès. Quand il a vu que je modifiais le texte des jeux avec l'éditeur hexadécimal de Norton Utilities je me rappelle que le reup' a flippé et regretté de m'avoir autorisé l'accès à la bête. Mais c'était trop tard je commençais a dompter le machin mieux que lui. J'avais changé le texte du flipper Night Mission et celui de Digger. En mettant des gros mots dedans bien sur, car adolescence boutoneuse oblige.




C'était pas franchement la gloire l'Ibéhaimepécé mais au moins la sauvegarde d'un fichier sur disque dur ou sur une biscote cinq pouces un quart durait pas des plombes. Net progrès. Et surtout, seul vrai plus qui n'a jamais été surpassé depuis, son légendaire clavier mécanique, dont la frappe était comparable à celle d'une machine à écrire Brother de la fin du du dix neuvième siècle. un vrai bonheur, et là je suis sérieux.

Retour aux consoles


Ensuite il y a eu naturellement la MegaDrive... La grande sœur. Et oui, j'étais Sega moi, j'étais pas encore tombé dans la marmite aux jeux de rôles... Donc pour moi les meilleurs jeux étaient clairement du côté de M'sieur Sega. J'ai donc fait l'acquisition d'une excellente console 16 bits (je devais être en terminale à l'époque). Really top-moumoute aussi la MegaDrive. Un grand bonheur... Avec toujours Sonic plus vitaminé que jamais, Chelnov, excellente adaptation de la version Arcade (à laquelle je me suis longuement entrainé dans le bar-tabac de mes parents). On a eu également sur cette console bien vitaminée les excellents : Golden Axe, Thunder Blade, Space Harrier, Zaxxon (qui existait déjà sur la Colecco quelque années avant). Et surtout Thunder Force IV, un des meilleurs shooter horizontaux de tous les temps !!!


La MegaDrive !

Un p.. de boss dans Thunder Force IV

Après il y a eu la PS2, que j'ai acheté, mais là c'est de l'histoire presque récente...

vendredi 16 juillet 2010

Quand les bouchers de l'EPAD saignent les commerçants

Les ouvriers du bâtiment qui remplissent la galerie de murs de plâtres n'y sont pour rien, mais leur travail me déprime. Jour après jour ils transforment cet endroit en sinistre chantier au service de la grande magouille financière. Seul point positif, on viendra pas contrôler leurs fafiots jusqu'à la fin du chantier, Sarko fils veille au grain. Hier matin les commerçants ont rencontré les représentants de l'EPAD, qui on feints de les écouter, mais leur ont bien fait comprendre qu'ils n'avaient rien à cirer de leur agonie : ils ont vendu la galerie Coupole à la Financière Immobilière Bordelaise, et ils ne sont plus responsables de rien, ni des baux commerciaux rendus illégalement caducs par des travaux qui progressivement interdisent l'accès aux différents magasins, ni des conséquences de leur incurie : ce n'est pas de leur faute si les commerçants sont ruinés et les salariés au chômage sans être licensiés... Tout cela est parfaitement dégueulasse et se passe dans l'indifférence générale. La presse régionale a fait quelques articles mous du cul comme c'est pas permis, on dirait que soit les personnes qui ont écrit ces articles n'ont rien pigé, soit tout le monde a la trouille de ces connards de profiteurs mandatés par l'Etat. L'EPAD, propriétaire des murs et responsable des baux commerciaux, a laissé se dégrader la sécurité, jusqu'à faire prononcer un arrêté préfectoral et un arrêté municipal (par la Ville de Puteaux, dont le député maire est également parti prenante car membre de l'EPAD) obligeant à fermer le centre commercial pour raison de sécurité publique... Magnifique ! Pour s'en foutre plein les fouilles oui, et virer les petits commerçants sans le moindre état d'âme. Au vu des dizaines de millions d'Euro que représente la transaction entre l'EPAD et la Financière Immobilière Bordelaise, une indemnisation raisonnable des commerçants n'aurait pas rendu l'opération beaucoup moins juteuse, mais non, qu'on vire tous ces gueux sans un sou, c'est mieux ! On ne va tout de même pas donner de l'argent aux pauvres, ils ne sauraient pas quoi en faire !!!

Dernière nouvelle, La Financière Immobilière Bordelaise serait sur le point de concéder 3 millions d'Euro aux commerçants pour qu'ils puissent vaguement indemniser leurs employés... Mais bon, pour l'instant c'est surtout une promesse...


à lire aussi :
-http://www.lepost.fr/article/2010/08/05/2175640_centre-commercial-la-coupole-defense-l-epad-se-comporte-en-voyou.html
-http://defensecoupole.blogspot.com/

mercredi 7 juillet 2010

Destruction de la galerie de la Coupole : quand l'EPAD organise les soldes

Voilà bientôt une dizaine d'année que j'y traîne le midi quand j'ai la flemme d'aller jusqu'au CNIT ou aux Quatre Temps. Ce petit centre commercial, la galerie de la Coupole à la Défense, est coincé entre les tours d'Areva et de Total. Tout en sous-sol. Pas super affriolant à priori : un peu sombre, un design début eighties un peu défraîchi. Mais bon, il y a tout ce qu'il faut, des brasseries, un épicier, deux coiffeurs, un centre médical... Il y avait une repro, une boutique de fringue pour mecs, un chausseur, une salle de sport au milieu pour les kilos en trop... Et surtout Il y avait le Shenandoah, petite crêperie au début, devenue pizzeria grâce à la persévérance de Sylvie la boss de l'endroit... Et surtout la brasserie le WallStreet, qu'elle a racheté en 2005 parce que sa petite crêperie marchait du tonnerre. Et c'est un phénomène sylvie, la grande blonde qui fait loucher tous les clients de sexe masculins qui passent par là ; elle tient son business d'une main de maître, d'une main de fer dans un gant de velours. Sacrée mère courage, qui trouve le moyen de faire travailler sa maman, son frangin, sa belle-soeur même au début. L'ANPE et l'employeur de la famille à elle toute seule. Un phénomène, et accessoirement une nana super sympa. Bref, cette galerie commerciale, avec les copains on y avait nos habitudes... La pizza le mercredi, les bières du vendredi soir avec les habitués des boites environnantes. Cette petite galerie était un peu excentrée et pas bien grande, du coup à force, tout le monde se connaissait et il s'y développait une ambiance un peu village. Depuis un peu plus d'un an au WallStreet, Sylvie faisait même venir des Zicoss le vendredi soir, il y avait une ambiance super, entre bar branchouille et pub Anglais. On était trop bien, ça pouvait pas durer.

L'EPAD s'est alors rendu compte qu'on pouvait vraisemblablement "moderniser" l'endroit et en faire une belle usine à fric. "Comment virer tous ces cons de commerçants et revamper l'endroit en quadruplant le prix du mètre carrés et le nombre de commerces ?" se sont demandés ces très honorables exploitants de la Défense... C'était il y a trois ans et demi environ. A l'époque le patron de l'EPAD était encore Bernard Bled si je ne m'abuse. Ils ont vite trouvé le truc : les faux-plafonds en plaques amiantées... Bon, c'est vrai il y a du faux-plafond amianté à peu près partout dans la galerie, mais objectivement, si on avait voulu les remplacer, c'était quatre mois de boulot sans rien fermer. Non, l'objectif était de virer les commerçant et de reprendre l'ensemble de l'endroit pour une bouchée de pain... Voyons, voyons, "comment sortir ces gueux de commerçants qui ne sont même pas des amis de la mafia de Neuilly...?" Facile, il suffit d'expliquer au préfet que l'endroit est insalubre et dangereux, que ces morceaux de faux-plafonds empoisonnent le monde et qu'il est urgent de tout fermer. Mais sans avouer tout de suite que le but est d'asphyxier progressivement les commerces pour qu'ils se barrent tous sans rien réclamer. Alors ils l'ont joué guerre d'usure, réunions dans lesquels on vous fait croire qu'on va vous racheter vos fonds de commerce... Puis un peu après, "non non, on va tout fermer très vite c'est trop dangereux, sans indemnité, c'est une question de sécurité et de santé publique, voyons, on n'y peut rien". Pendant trois ans comme ça, via divers émissaires et avocats, l'EPAD à soufflé le chaud et le froid, a joué avec les nerfs de ces commerçants et de leurs employés. Dans le genre cynique, ils ont du métier c'est pas des amateurs.



Pendant la période de la crise financière on les a laissé reprendre espoir et travailler tranquille, de toute façon les investisseurs étaient plus que frileux et personne ne voulait démarrer des travaux de grande ampleur. Mais sitôt que les esprits ont été calmés, c'est reparti, et là on est dans la dernière ligne droite, dans la phase du coup de grâce. Ils ont trouvé les investisseurs, les boites de travaux publics... Bled qui voulait être arrangeant avec les commerçants, a été évincé et sorti du jeu depuis plus de deux ans et il n'y a plus que des financiers qui n'en ont rien à foutre : le préfet a signé l'arrêté... Peu importe que ce soit Devedjian ou la bande du fils de Sarko qui ait viré Bled, le résultat est le même : ils peuvent de force bétonner l'endroit et forcer les commerçant à fermer sans leur verser un centime. Du vrai Sarkozysme triomphant dans le texte je vous dis. Les lettres envoyées par le maire de Puteaux pour les mettre en face de leurs responsabilités, soyons bien clairs ils se torchent le cul avec. Qu'on vire tous ces manants qui nous freinent dans nos belles opérations, et sans délai ! S'il faut se soucier du sort des valets de pisse maintenant, comme aurait dit le Seillère des guignols....



Le coiffeur : avant et après

  La repro :

La boutique de fringues :

dimanche 27 juin 2010

Merci monsieur Pratchett



Je viens de terminer la lecture de "Procrastination" de Terry Pratchett. Un régal :)

Dans cette histoire, on va suivre les aventures de Jérémie, un horloger qui va construire une horloge  si parfaite qu'elle va arrêter le temps. On va suivre également les aventures de Lou-tsé, le vieux  balayeur du monastère du temps et de son disciple Lobsang. D'autres protagonistes comme les quatre  cavaliers de l'apocalypse, plus le cinquième qui est un peu moins connu, vont aussi venir se mêler du  sort de l'humanité

Ce vingt-septième volume des annales du disque monde n'est pas toujours aussi burlesque que d'autres,  mais on ne peut que s'incliner devant le génie de Terry Pratchett. Les petites phrases "à la con"de la  mégère couturière  deviennent d'une insondable profondeur quand elles sont sorties de leur contexte ménager et  exprimées par Lou-Tsé le vieux sage, et deviennent de vrais adages pleins de sagesse.

Les reflexions de Terry Pratchett sur le temps et ses paradoxes nous emmènent parfois sur le terrain  du très sérieux et même dela philosophie.
Il y a moins de nains, de trolls, de vampires et autres  bestioles qui hantent généralement les rue d'Ankh-Morpok, mais ce volume possède un charme tout-à-fait  envoûtant.

On retrouve tout de même le personnage récurrent de la mort et celui de la mort-aux-rats qui fait  toujours le même "COUIIII", car quand même hein, bon, faut pas déconner non plus.

C'est le deuxième bouquin de Terry Pratchett que je lis et vraiment (je dis vraiment car j'ai aussi commencé le tout premier en VO, mais je n'ai pas beaucoup avancé, bien que son écriture soit aussi très accessible en Anglais), ce mec est trop fort : un genre  de Tolkien en mode déconneur, avec pourtant une grande rigueur dans la structure du récit, une façon  bien à lui de nous emmener par les sentiers de son histoire. Comme je l'ai lu dans une autre critique, c'est un peu lent au début, l'histoire met du temps à se  mettre en place, mais une fois qu'on est ferré, c'est fini ! On ne peut plus le lâcher ce satanné livre !

J'ai découvert l'univers du disque monde il y a quelques années, non pas avec un livre mais par le  biais des jeux video. En effet, Discworld a été très brillamment adapté en jeux d'aventure "point and  click", d'abord avec "DiscWorld" puis avec "DiscWorld noir". Je ne connais pas bien le second, mais j'ai  joué au premier qui est un régal. Il y a tous les ingrédients du monde de Terry Pratchett : humour  Monthy Pythonesque, anachronismes, et des dialogues marrants à se pisser dessus (enfin surtout pour  les fans du genre, hein). Le héros de l'histoire est Rincevent, un apprenti magicien peu talentueux  qui va enquêter sur une mystérieuse secte. Rincevent est des personnages que l'on retrouve dans les  livres, en tout cas ceux du début.

Ce n'est que tout récemment que je me suis décidé à lire vraiment Monsieur Pratchett, et je ne le  regrette point. J'ai découvert ses romans avec "La Vérité", dans lequel Guillaume  Des Mots, un jeune homme valeureux épris de justice et de vérité, lance le premier journal d'Ankh- Morpok. C'est un livre également assez récent, dans l'oeuvre de Terry Pratchett. Il est plus facile  d'accès et aussi plus marrant globalement, que "Procrastination".

Bref le monde de monsieur Pratchett est fabuleusement déconnant, c'est une foire iconoclaste permanente, truffée de référence à la vie moderne et pleine de blague d'IT bien débiles, ou au contraire assez profondes sur le deuxième ou le troisième degré. Autant vous dire que c'est bien clair, je vais acheter les autres, c'est certain !

Quelques citations tirées de "Procrastination" :

Si on installait un commutateur dans une caverne n'importe où, puis qu'on le flanquait d'un écriteau  disant « Commutateur de fin du monde. PRIÈRE DE NE PAS TOUCHER », la peinture n'aurait même pas le  temps de sécher.

Dame Ligion se laisse gagner par son humanité nouvellement acquise, et a finalement du mal à  enclencher le processus de la fin du monde :
"Toujours remettre à demain ce que, demain, on pourrait remettre à… disons, l'année prochaine."

mardi 15 juin 2010

Le grand talent de Sarko : flatter la vanité de l'adversaire pour l'acheter

On pensera ce qu'on veut de Nicolas Sarkozy (pas trop fort quand-même car les inculpations tombent vite) mais on doit lui reconnaître au moins deux choses : d'abord, il a bien compris qu'il faut diviser pour mieux régner. La seconde, et qui va de pair avec la première, c'est qu'on peut obtenir beaucoup des gens en flattant leur ego. Il y a trois exemples extrêmement frappant à mes yeux de sa brillante mise en pratique des deux 'qualités' précitées.

Le premier exemple est la façon dont il s'est servi d'Éric Besson, transfuge du camp ségolâtre. Effectivement, avant de rallier le camp sarkozyste, Besson était un parfait inconnu sur la scène politique. Nicolas le Petit en a fait quelqu'un, disposant du même coup d'une source d'information privilégiée sur madame Royal, et d'une âme damnée totalement dévouée. En effet, avec son étiquette de traître et son absence de vrai passé politique, en faisant ce choix, monsieur Besson n'avait d'avenir qu'à travers les desseins de monsieur Sarkozy. A l'époque Philippe Val l'avait fort bien analysé dans un édito de Charlie Hebdo. Nous reviendrons sur le cas de Philippe Val, dont le retournement par rapports à ses valeurs affichées de l'époque tient littéralement de la schizophrénie. En confiant à Besson des tâches ingrates, il savait que l'autre mettrait un point d'honneur à les accomplir pour montrer à son maitre qu'il ne s'était pas trompé. Fort de sa nouvelle visibilité monsieur Besson a pu savourer sa revanche sur Sainte Ségo qui s'était un peu vite exclamée 'mais qui connaît monsieur Besson ?'. Sur le fond elle n'avait pas tout à fait tort, mais du point de vue tactique, bonjour la boulette ! Besson lui a retourné la réponse du berger à la bergère que l'on connaît.


Le deuxième exemple de cette excellente application conjointe de deux principes pour en faire une stratégie gagnante, est le ralliement d'Hervé Morin. Même schéma et mêmes caractéristiques de l'intéressé : pas de passé politique fort, effectivement avec son charisme d'huitre il ne fait d'ombre à personne au départ. En le prenant avec lui, Nicolas Sarkozy a complètement torpillé la dynamique que Bayrou avait su créer (sans parvenir à faire vraiment prendre la mayo, soit). Il a même réussit à lui faire créer un mouvement concurrent de Bayrou, 'le nouveau centre'. Un nouveau centre vide d'idées et de militants, mais avec une exposition médiatique entièrement donnée par Nicolas Sarkozy. Comme besson, Morin n'a même pas la carrure d'un député, mais Nicolas en a 'fait quelqu'un'. Mais compte tenu de son moindre potentiel, il lui a donné un poste dans lequel il n'est pas trop exposé. Il suffit de lui dire précisément ce qu'il doit faire... Puis de le ressortir en 2012 (oui tant qu'à faire s'il peut servir deux fois, ça amortira un peu les coûts, autant garder un bon R.O.I.).

Le troisième exemple est quand même le plus fort et le plus savoureux : savoureux car il s'agit de Philippe Val, grand chantre de la gauche intello, et fortiche car c'est un coup en deux bandes. Ce qui suit tient un peu de la supputation car je ne peux pas prouver ce que j'avance, mais mon petit doigt qui en sait long comme la muraille de Chine sur les manips de Nico le Grand, me l'a suggéré en comité de rédaction :

Premier temps : Siné, qui n'est pas le plus fin de l'équipe Charlie Hebdo, loin s'en faut, croque le prince Jean et le montre en train de se convertir au Judaïsme pour épouser la fille Darty. Nicolas sent le bon coup, il fait appeler Val pour lui proposer de Virer Siné, sans quoi c'est le journal tout entier qui sera poursuivi pour antisémitisme... Val, pas encore tout à fait décidé à saborder son canard, s'exécute et vire Siné, qui aussitôt monte un journal concurrent pour dénoncer son vendu d'ancien patron. 
Deuxième partie de la manoeuvre : afin d'achever Charlie Hebdo, Nicolas propose à monsieur Val de devenir son Vassal et lui promet de régner sur la province de radio France. On a ainsi non plus un canard d'opposition vigoureux, mais deux journaux concurrents, sans vrai leader et avec un lectorat divisé. C'est pas un coup de maitre ça ? 

Val qui se foutait de la gueule Besson et Morin deux ans avant, et qui ne se privait pas d'égratigner Sarko en tapant là ou ça fait mal, est devenu la pire des marionnettes sarkozystes. A l'heure ou j'écris ces lignes il vient de remanier seul dans son coin en bon autocrate, la grille des programmes de Radio France, sans donner la moindre info aux quelques 50 animateurs qui la font vivre quotidiennement (confere le Canard Enchainé de la semaine dernière). Je vous l'dis, il est quand-même fortiche le Sarko ! 

D’ailleurs, je vois que le Dir'Cab' de Luc Chatel m’a envoyé un mail à propos d’un éventuel poste de conseiller NTIC pour l’Education Nationale, je vais donc  devoir vous laisser car je sens qu’un grand destin m’appelle…